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LPO
    

Les pesticides tuent la biodiversité et l’homme à petit feu

En France, les espèces d’oiseaux qui ont le plus régressé ses vingt dernières années sont celles qui dépendent des milieux agricoles. De nombreuses études mettent en cause l’usage des pesticides dans l’effondrement de la biodiversité ordinaire de nos campagnes comme dans l’altération de la santé humaine, et notamment dans celle des agriculteurs tout particulièrement exposés. Dans le cadre de la semaine sans pesticides (20-30 mars), la LPO organise une série de conférences-débats, avec le Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures (MDRGF) et l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF) pour sensibiliser le public à cette problématique.

En Europe, les populations d’oiseaux des zones agricoles ont chuté de 30 à 40 % en moyenne depuis les années 1980-1990.
Sur notre territoire, 13 des 20 espèces d’oiseaux qui ont le plus régressé ses vingt dernières années (avec une baisse plus de 50 % de leurs effectifs nicheurs), sont celles qui dépendent des milieux agricoles. Ainsi, la situation est particulièrement difficile pour le Bruant Proyer, qui a reculé de plus de 60 % entre 1982 et 2005, et l’outarde canepetière qui a subi un déclin de 90 % durant ces trente dernières années.
Une étude sur l'Alouette des champs de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) montre une corrélation particulièrement étroite entre l'intensification de la production agricole et la chute de cette espèce nicheuse.
En Angleterre, à la fin des années 1990, l’ornithologue Campbell a fait le lien entre la période de généralisation de l’emploi des herbicides (dans les années 1970-1980) et la chute des populations d’oiseaux de nos campagnes. Ces derniers sont, en effet, gravement affectés par la disparition progressive des plantes indigènes, elle-même causée par la chute du nombre d’insectes (abeilles) dont elles dépendent. L’usage des herbicides provoque ainsi une disparition en chaîne des espèces végétales et animales.

Les oiseaux peuvent aussi être empoisonnés, en ingérant des végétaux, des insectes ou de l’eau contaminée, des insecticides granulaires et des semences traitées aux pesticides, ou en consommant d’autres oiseaux ou des amphibiens intoxiqués.
Ainsi, les abeilles, sans qui de nombreuses espèces végétales ne seraient pas fécondées, présentent une santé fragile et leurs populations diminuent depuis une vingtaine d’années, alors qu’elles constituent un élément essentiel dans la chaîne interactive des écosystèmes.
Et Einstein aurait dit que «si l’abeille venait à disparaître, l’homme n’aurait plus que quatre ans à vivre ».

Une exposition aux pesticides peut avoir de graves conséquences sur la santé humaine : malformations à la naissance, cofacteur de la maladie de Parkinson voire de la maladie d’Alzheimer,  excès de cas de cancers chez les agriculteurs exposés (prostate, lymphome, cerveau, estomac, leucémies, sein) et les enfants. Les liens entre une exposition aux pesticides et des lymphomes ont été scientifiquement établis en 2009. De fortes suspicions existent également pour le cancer de la prostate et d’autres cancers hormono-dépendants en forte progression.

L’exposition permanente sur des surfaces importantes à de faibles concentrations de polluants est bien plus redoutable que celle d’une intoxication accidentelle aiguë et massive. Ces polluants agissent silencieusement durant des années pour révéler leurs méfaits à long terme, sur les générations à venir.

Les 32 millions d’hectares de surfaces agricoles françaises ne sont cependant pas les seuls en cause. L’usage des pesticides doit également être réduit dans les espaces communaux, dans les jardins des particuliers et surtout dans l’habitat familial où ils ne se dégradent jamais.

C’est pourquoi, la LPO organise une série de conférences-débats avec le public, en partenariat avec le Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures (MDRGF) et l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF), dans le cadre de la semaine sans pesticides (20-30 mars).
La LPO s’implique déjà dans cette problématique, dans le cadre d’un programme expérimental initié avec des agriculteurs (2004-2009) et du programme Refuges, destiné notamment aux collectivités et aux particuliers.
Car, c’est à chacun de nous de réduire l’usage des pesticides pour sauvegarder la biodiversité et notre santé.

Allain Bougrain Dubourg
Président de la LPO
    
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